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3/25/2005

Zinzinulons!


Une fois de plus, j'éprouve quelques difficultés à me lancer dans la rédaction d'une nouvelle entrée. J'ai déménagé vers une nouvelle table, au café, espérant que cela donne un coup d'envoi à ce rude mais hygiénique exercice qu'est la production blogatoire. Le prétexte « socialement sous-entendu » du déménagement ? Le raccord du iBook à une prise de courant. La véritable raison? L'abandon d'une table offrant mon écran aux regards d'un couple à la conversation pour le moins sous-alimentée. C'est un peu ridicule/paranoïaque, mais j'avais l'impression constante que, pour se désennuyer, ils jetaient de temps à autre un coup d'oeil en ma direction — plus précisément, vers l'écran de mon ordinateur, théâtre d'événements autrement plus passionnants que leur rencontre au sommet. Résultat? Blocage d'inspiration chez votre humble serviteur. Le soulagement était donc grand lorsque la table donnant accès à une prise de courant s'est libérée, puisque celle-ci est commodément située à l'abri des regards inquisiteurs. Mais — il fallait s'y attendre — cela n'a pas suffi à sortir de leur sommeil les muses blogatoires. La pression s'accentue puisque, l'air de rien, la fermeture du café approche; rien pour faciliter un épanchement naturel de contenu blogatoire 100% pur jus.

Plusieurs jours passent. (— Non! — Si, si, je vous assure!)

Retour à la même Bat-table, avec le même Bat-iBook.

[Hhhhhhh...] Emplissons nos poumons d'un air que l'on esp-ére tonifiant (et puis [...Hhhhhh] désemplissons-les, question de ne pas faire exploser quelque gugusse vital dans notre cage thoracique...).

Pour expliquer les raisons-du-pourquoi-de du silence blogatoire, je vous invite à plonger — avec moi — dans l'Histoire d'un Parcours (laisser traîner nonchalamment ce dernier mot pour obtenir le plein effet).

Dans le dernier épisode (qui remonte à encore plus loin que ce que je croyais...), je dressais une petite liste de tâches à accomplir (et Jack déshéritait Crystal, souvenez-vous-en). Tout en haut de cette liste figurait le projet de peaufiner «mes» fauvettes (paradoxalement l'oiseau qui prend le plus d'espace dans Le Loriot, de Messiaen). Vous serez peut-être déçus d'apprendre que ce peaufinage n'était pas exactement un geste désintéressé, une pure envie d'émuler au mieux des capacités humaines le noble sylviidé, sans dessein latent. C'est pourtant la triste vérité.

Le travail sur le zinzinulement (je n'invente pas, je vous jure) de la fauvette s'effectuait en vue d'un concert de classe (ici appelé une audition). (Aussi, je composais avec une nouvelle approche « pédalistique » du duo de fauvettes. Mon prof avait avancé l'idée que l'indication « mettre très peu de pédale » de Messiaen pouvait possiblement être interprétée comme une consigne d'appliquer constamment un halo très subtil de pédale [alors que je n'en mettais pour ainsi dire aucune]; je ne suis toujours pas convaincu de la rectitude de cette interprétation, mais je dois avouer que le résultat sonore est tout à fait intéressant. La pédale lyonnaise à l'oeuvre...)

Durant cette période, j'avais pas mal de difficulté à avoir un local pour travailler... et lorsque j'en obtenais un, mon bras ne manquait pas de me signaler qu'il ne tolérerait pas des tourments prolongés. Malgré cela, j'ai réussi à faire un travail décent sur les fauvettes; par contre, jusqu'au dernier moment, j'éprouvais une sérieuse frustration du fait je ne zinzinulais toujours pas à la hauteur de mes ambitions — le travail ne semblait pas réellement porter fruit. C'est donc avec surprise, soulagement et satisfaction (la réaction connue sous le sigle serpentin de SSS) que j'appréciai l'ultime résultat de mes efforts — une prestation plutôt décente.

Une fois cette « première priorité » [sic, dixit Charest] évacuée, je devais m'atteler à celle qui lui succédait — Donatoni. Ou Françoise. Comme dans Françoise Variationen, de Donatoni.

L'idée était la suivante: le Conservatoire invite un pianiste, (Jay Gottlieb, un Américain qui va souvent au CNSM de Paris), celui-ci donne un concert Berio/Donatoni... et le lendemain, un cours de maître sur des oeuvres de ces deux compositeurs est tenu. Comme les pianistes ayant à leur répertoire une pièce d'un de ces Italiens ne courent pas les rues ni n'arpentent les corridors du Conservatoire, il a fallu lancer un appel au dévouement (les mauvaises langues diraient « de détresse »). Ceux qui avaient déjà touché à une oeuvre de Berio/Donatoni étaient évidemment les premiers conscrits; en seconde ligne s'alignaient ceux qui, un jour ou l'autre, avaient manifesté quoi que ce soit qui puisse être interprété comme un intérêt — enfin, « une absence de dégoût » représenterait peut-être plus fidèlement la réalité — envers la musique contemporaine.

On m'avait octroyé un certain nombre de variations de Donatoni (parmi les Françoise susnommées). Évidemment, aucun enregistrement n'existe à la médiathèque. Je jette un coup d'oeil aux variations dont j'ai une copie — je kife pas trop... Comme je suis alors dans un rush Messiaen, les Donatoni sont contraintes de mijoter (faiblement...) sur le back-burner. Quand j'ai un peu de temps à leur consacrer, je n'arrive pas à dépasser la barrière psychologique des 10 minutes — souvent, un « bloc » (...) de cinq minutes de travail exige, en guise de réparation, cinq minutes d'aération de l'esprit... J'exagère à peine. Un régime pas très productif, en somme. Les autres pianistes réquisitionnés sont dans un état d'esprit à peu près comparable; certains tentent d'ailleurs de voir comment ils pourraient se délester diplomatiquement de leur quasi-obligation (ils ont à peu près tous d'autres chats à fouetter — et pas les moindres, dans certains cas [contrôles, diplôme d'État {un truc qui, ultimement, permet d'enseigner}, etc.]), d'autres sondent leurs collègues dans l'espoir de trouver un bon Samaritain prêt à alléger leur fardeau... Pagaille générale.

Plus tard, j'émerge du sprint Messiaen; il est plus que temps d'embrayer sur les Donatoni — full steam! Le constat suivant devient rapidement évident: il faut que les autorités compétentes évident ma collection de variations, qu'elles dévient du plan initial (possibilités anagrammatiques épuisées). J'évalue que je serai en mesure de jouer trois des six variations qu'on m'a attribué; c'est entendu, ça ne cause pas de problème (d'ailleurs, en consultant le programme du cours de maître, je constate qu'en fin de compte, personne n'en jouera plus de trois).

Je m'affaire, je planche, je bosse; ça progresse assez bien, mais je ne suis pas certain que ce sera suffisant pour me permettre de présenter décemment les trois variations.

La veille du cours de maître, je vais entendre le concert. Je dois ici faire une parenthèse pour souligner que les concerts du Conservatoire, tous types confondus (orchestre, récitals solo, auditions, etc.), sont généralement plutôt bien fréquentés. Mais cette fois, l'effet repoussoir du contemporain a frappé de plein fouet la salle Varèse: à part les étudiants qui devaient jouer le lendemain, quelques professeurs et autres représentants du Conservatoire ainsi qu'une poignée d'hurluberlus, personne n'avait jugé bon de se déplacer pour un concert présentant pourtant (j'imagine que ce marqueur relationnel serait contesté par les absents...) une affiche (je parle du répertoire, bien sûr, pas de la pub...) d'une indéniable originalité.

La formule retenue faisait alterner une présentation plus ou moins succincte des pièces et leur interprétation — pas une mauvaise idée du tout. Malheureusement, je crois que le commentaire délivré aux auditeurs ne répondait pas à la commande — de taille, je le concède — d'intéresser à la fois les non-initiés et les gens « rompus à la baignade en ces eaux troubles » (s'cusez). À mon sens, les exposés ne dégageaient pas les lignes de force des compositions et s'attardaient à des éléments d'intérêt... disons... limité. (Non, mais, merde, on va-tu arrêter de freaker sur le cristi de nombre d'or, un moment donné? Surtout, si la phrase qu'on lance après y avoir fait référence ressemble à « La manifestation n'est peut-être pas clairement apparente dans l'oeuvre dont il est ici question... » Sus au nombre d'or! Fin de la montée de lait.) Le discours ratait donc en plus d'une occasion les éléments importants, au profit de considérations parfois triviales et il simplifiait à outrance certains concepts... cependant que le présentateur présumait — à maintes reprises — de la connaissance par l'auditoire d'oeuvres jamais jouées en concert et à peine distribuées, que ce soit sous forme de partition ou d'enregistrement! Exemple: « Vous êtes probablement familiers de [oeuvre X que, j'en mettrais ma main au feu, pratiquement personne dans la salle n'a entendu de sa vie...] » Le présentateur était sûrement conscient de cela; je ne sais trop que penser des raisons qui le poussaient à agir de la sorte. En plus, la communication, bien que verbalisée dans un français plutôt soigné, manquait cruellement de dynamisme. (Petit conseil au présentateur: lorsque vous continuez de parler en vous tournant vers le pianiste [c'est-à-dire aux 30 secondes, grosso modo], votre message ne parvient plus à l'auditoire qu'en des bribes inintelligibles.) Vers la fin du concert, le pianiste s'est permis quelques interventions qui, en comparaison avec la présentation officielle, représentaient un modèle de dynamisme et de pertinence. Bon, ce n'était peut-être pas si pire, je suis peut-être un peu sévère, mais je crois qu'on est en droit de s'attendre à plus de la part du responsable du séminaire d'analyse de la musique du XXe siècle — auquel j'assiste... Et sachez que mes commentaires sont beaucoup plus modérés que ceux que mes collègues étudiants pouvaient tenir...

Malgré tout cela, j'ai trouvé le concert tout à fait intéressant. Il m'apparaît évident que le pianiste est « un musicien authentique avec des choses à dire ». Whatever that means. J'étais évidemment très curieux de voir ce que donneraient ses Donatoni (il jouait une sélection de variations; j'étais ravi d'apprendre que 2 de « mes » variations en faisaient partie). Premier constat: le tempo adopté pour une des variations qui me donnait du fil à retordre était probablement encore plus lent que le mien... Ça me rassurait. J'étais arrivé à la conclusion que l'indication métronomique du compositeur pour cette variation n'avait aucun sens; j'avais décidé de la jouer à un tempo de deux fois inférieur à celui qu'il indique, ce qui correspond selon moi grosso modo au seuil maximal d'intelligibilité du discours. C'était aussi ce que faisait Gottlieb — et encore, c'était un peu plus lent. Je reviendrai sur cette question un peu plus loin, ça prend une tournure comique, vous verrez.

[La fermeture du café est amorcée, les toiles couvrant ses fenêtres sont en train d'être déployées, je dois me nourrir... bref (allez, tout le monde ensemble): à suire...]

[Un petit tour de manivelle, et c'est reparti...]

Donc, oui, planche planche, bosse bosse, les Donatoni atteignent finalement un niveau décent. J'assiste aux cours de la matinée; j'y découvre un M. Gottlieb surexcité au possible — on a l'impression qu'à tout moment, il pourrait littéralement exploser. Les mots et les gestes se bousculent frénétiquement, comme s'il était complètement coké (mais non, je ne prétends pas qu'il l'était réellement...) J'ouvre la session d'aprèm. Il n'y a évidemment pas un chat dans la salle pour assister aux cours (outre Géry Moutier et le prof d'analyse XXe). Ça se passe plutôt bien, M. Gottlieb fait quelques brefs commentaires. Lui tendant une perche pour diversifier un peu le champ d'interventions (je dois mentionner que les variations sont assez, comment dire, one-sided?; une forme d'écriture maintenue tout du long — ça n'invite pas nécessairement à des commentaires extrêmement variés), je décide d'aborder la question du tempo fou d'une des variations, curieux de connaître son point de vue sur cette question.

Avant de passer à sa réponse, je dois relater le bla-bla qui avait précédé mon cours — on attendait quelqu'un avant de commencer. M. Gottlieb était en mode anecdotes. Il évoqua entre autres une soirée où Bernstein, complètement bourré, avait entrepris de jouer Alborada pour montrer que le fait d'avoir une oeuvre sous les doigts ou non n'était pas une excuse pour décliner une invitation à la jouer... C'était bien sûr une réplique à quelqu'un qui venait de « se défiler » ainsi. De l'aveu de M. Gottlieb, Alborada en ressortait passablement amochée, mais Bernstein avait tout de même joué la chose du début à la fin. Ensuite, Gottlieb raconta comment il (je parle toujours de Gottlieb) avait fait changer par les compositeurs (« certains parmi les plus grands; je ne nommerai pas de noms... »; mon soulignement indique que ces mots étaient « bénéficiaient » d'une emphase particulière, qui s'apparentait un peu à un accent british...), dans quantité d'oeuvres, certaines indications absurdes/irréalistes. Notamment des tempi. Vous me voyez venir.

Retour à la discussion du tempo extrême de la variation de Donatoni. Je mentionne que le tempo me paraît à la fois techniquement inatteignable et auditivement absurde (puisqu'il rendrait le discours complètement inintelligible). Je souligne que le tempo que je prenais correspond environ à la moitié du tempo indiqué sur la partition. Il enchaîne avec quelque chose comme « Oui, comme je disais plus tôt, c'est un but à atteindre » (avant moi, il avait rappelé à tout le monde que le tempo qu'ils avaient pris était bien en-deça du tempo indiqué). Curieusement, dans mon cas, il n'avait fait aucune allusion au tempo avant que je soulève la question... Peut-être parce que c'est à peu près le tempo qu'il adoptait lui-même... (Je n'ai évidemment pas relevé ce fait.) Il s'en est suivi une discussion sur la prédilection de Donatoni pour les extrêmes, sur le charme des impossibilités, etc. Yada yada. Bon, je veux bien, mais... Je poursuis la discussion en arguant qu'en fait, ça revient un peu aux indications du genre « aussi vite que possible »; Gottlieb mentionne tout de suite le fameux cas Schumann (dans la sonate en sol mineur [aussi vite que possible; puis, encore plus vite]) — je pensais effectivement à ce genre de cas. Le prof d'analyse dit que c'est en fait plus que ça... et là, honnêtement, je ne me souviens plus précisément de ce qu'il avançait. Disons que ma mémoire sélective a passé outre...

Bref... Je persiste à croire que Donatoni n'a absolument pas réalisé les implications du tempo qu'il a écrit pour cette variation (d'ailleurs, les tempi sont, pour toutes les variations, des multiples de 11 — j'ai l'impression qu'on est en présence du cas classique où une patente théorico-mathématique n'a malheureusement pas été soumise à un real-world test). Ou alors, il le savait... ce qui signifierait qu'il s'amusait à mettre des tempi absurdes. De toute façon, le choix du tempo, ultimement, est fatalement soumis à certaines limitations physiques auxquelles nous, simples mortels, ne pouvons échapper.

Fin.


Programme pour la prochaine entrée: le récit de ma Fabuleuse Excursion. Et puis ça fait longtemps que je veux vous faire un brin de causette sur l'actualité politique en France... Ici aussi, les étudiants pestent contre le gouvernement... Je vous en reparle. Parlant d'étudiants et de gouvernement: rire du ministre qui a « fait un bout de chemin » devient chaque jour une nécessité hygiénique plus pressante — je n'y échappe(rai) pas. On a le choix de rire de lui et de son gouvernement, d'en pleurer (métaphoriquement ou non) ou de s'en insurger — je crois qu'on passe tous par chacun de ces états. Donc, c'est inévitable, une nouvelle chronique de grève se taillera un chemin vers ces pages.

En tout cas, d'ici là, lâchez surtout pas! Je vous apporte mon soutien (bien modestement) à travers mes pensées. Faut que l'aiguille de l'indicateur de bauchitude vire dans le rouge!

3 commentaire(s):

Commentaire laissé par Anonymous Annick:

Bauchitude???
Sioux laiteur et Sioux Saône, ça se comprend, mais bauchitude, là vraiment...
Concernant le bauchage, j'espère que tu as vu qu'après la gaffe de notre chef Henri, MON syndicat a rectifié le tir et est intervenu officiellement (voir scfp.qc.ca).
Par ailleurs, de mon côté, j'ai pris soin d'encourager ma soeur étudiante en physique à l'UdeM à baucher et cela a fini par un Bed In. Pas mal quand même pour une scientifique.
À bientôt, continue d'accélérer le tempo.
Annick

12:11 a.m.  
Commentaire laissé par Blogger Guillaume:

Baucher, en quelques mots.

Définitions

Bauchitude
n. f.
État d'une personne ou d'une chose (plus rarement) qui bauche.
La bauchitude de cet individu le mènera loin.

Bauchativité
n. f.
Qualité d'une chose ou d'une personne qui bauche.
Le niveau de bauchativité de cette idée atteint des sommets.

Bauchage
n. m.
Action de baucher.
Le bauchage est de rigueur.

Baucheur, euse
n.
Personne (le plus souvent) qui bauche.
C'est un baucheur né.

Note: aucune définition de baucher n'est donnée, par souci de ne pas imposer une vision limitative de ce mot aux résonances si riches.

Discussion

Comme on le constate à la lecture des définitions et exemples, bauchitude et bauchativité sont de très proches parents, séparés par des nuances subtiles mais suffisamment affirmées pour justifier leur coexistence. D'abord, on utilise généralement bauchitude en référence à un individu; la bauchativité bénéficie d'un champ d'application plus vaste. Aussi, la bauchitude se prête mal à la quantification, alors que la bauchativité y consent volontiers.

Tous ces mots sont des substantifs. Certains pourraient être tentés d'employer baucheur comme un adjectif (par exemple, un mouvement baucheur). Cet emploi est critiqué par la plupart des linguistes. On y préférera une formule comme un mouvement gératif.

4:39 p.m.  
Commentaire laissé par Anonymous Jean-Philippe:

Salut Baucheur!
Tes définitions de la bauchitude (et autre mots qui s'y apparentent) sont très bonnes mais il me semble qu'il en manque une particulièrement importante : celle du verbe Baucher.

J'espère que tu nous donnera une définition qui bauchera (tu pourrais l'accorder à la troisième personne de l'imparfait du subjonctif pour nous montrer que ce verbe possède plus de possibilités d'accord que le verbe pleuvoir, à titre d'exemple).

Je te donne des nouvelles de la grève à la fac. de musique bientôt!

Jean-Philippe

7:29 a.m.  

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